lundi 14 mai 2007

Xinjiang (28/04-09/05/2007)




Maison ancienne en bois peint dans le centre de Kashgar


La troisième et dernière semaine de congés officiels en Chine se déroulant début mai, nous avons joué les prolongations en partant 12 jours dans le Xinjiang, région autonome ouïgoure du nord-ouest de la Chine. Appelée également le Turkestan oriental, cette région est peuplée de plusieurs minorités ethniques (dont les ouïgours, ouzbeks, kazakhs, kirghizes, tajiks, etc.) et se démarque nettement du reste de l'Empire du Milieu, de par sa langue (l'on y parle avant tout l'ouïgour qui appartient au groupe sud-est des langues turques), ses habitants (musulmans ressemblant fort à leur proches voisins d'Asie centrale, aux visages burinés et à l'allure nonchalante), ses maisons construites avec de la pierre, des briques couleur sable et/ou du torchis, ses nombreuses mosquées, son rythme de vie (ruelles, places et marchés sont animés jour et nuit et les gens se délectent en terrasse de brochettes de mouton grillé et d'autres spécialités locales à toute heure) et son décalage d'horaire non officialisé (en raison du choix de Pékin d'appliquer un seul fuseau horaire pour toute la Chine, les habitants du Xinjiang vivent en général avec 2 heures de décalage de façon à être en phase avec le rythme du soleil). Toutes ces caractéristiques offrent au voyageur un dépaysement total, en lui donnant l'impression de pénétrer davantage le Moyen-Orient que l'Extrême-Orient. Ce territoire est également connu pour ses immenses étendues désertiques, ses sommets (faisant parties des plus élevés du monde), ses oasis propices à la culture de fruits succulents, ses tempêtes de sable et encore bien d'autres merveilles que vous découvrirez en consultant l'album photo. L'intense brassage culturel engendre également une variété de productions artisanales (couteaux, chapeaux kirghizes, tapis en soie, instruments de musique ouïgours, etc.)



Entrée du marché

Animations diverses du marché de Kashgar


Transport de foin sur charrette en plein Kashgar

Située sur la route de la Soie et conservant son rôle stratégique de carrefour commercial et culturel remontant à l'Antiquité, Kashgar fut notre point de départ et repère après une courte escale à Urumqi, la capitale du Xinjiang. Coincée entre dunes de sable et montagnes, cette ville de 340 000 d'habitants est un oasis vivant dont le charme séducteur et mystérieux ne peut laissé indifférent aucun visiteur. Dotée du plus grand marché ouvert d'Asie centrale, que nous avons naturellement visité, elle regorge également de divers monuments sacrés bouddhistes (Pagoda Mor, à 35 km au nord-est de la ville) et essentiellement musulmans dont la superbe mosquée Id Kah (en pleine ville) et le splendide tombeau d'Abakh Khoja (à 5 km au nord-est du centre) aux couleurs chatoyantes.


Tombeau d'Abakh Khoja



Pagode Mor (35 km au N-E de Kashgar)



Pour visualiser toutes les photos de Kashgar ville, cliquer sur le lien suivant: http://picasaweb.google.com/laetitia.lienart/KashgarVilleMai2007

Pour visualiser toutes les photos du marché de Kashgar, cliquer sur le lien suivant: http://picasaweb.google.com/laetitia.lienart/MarchDeKashgarMai2007

Pour visualiser toutes les photos des alentours de Kashgar, cliquer sur le lien suivant: http://picasaweb.google.com/laetitia.lienart/CampagneDeKashgarMai2007

Après avoir arpenté pendant quatre jours les ruelles et places animées de cette perle du désert, située à 1 200 mètres d'altitude, et ses proches alentours, nous avons découvert une partie des splendeurs de la chaîne du Pamir, en commençant par la route menant au Pakistan (Karakoram Highway). Au bout de trois heures de trajet alternant paysages lunaires, canyons, rivières et mont enneigés, sans oublier le poste de police (tenu par l'Armée chinoise de l'ethnie majoritaire Han), le tout sur une route en parfait état quasiment rectiligne et comparable à du faux plat (assez extraordinaire vu l'altitude), nous avons atteint le fameux Lac Karakoul (3 600 mètres au-dessus du niveau de la mer). Entouré de monts enneigés se reflétant dans l'eau bleue-verte par beau temps, ce site est absolument époustouflant, attirant à juste titre de plus en plus de touristes étrangers et chinois. Notre côté légèrement aventurier nous a fort heureusement permis de ''vagabonder'' hors des sentiers battus, à l'aide d'un guide local (parlant aussi le mandarin et un anglais compréhensible) et d'un animal (tiré par son propriétaire) portant nos sacs à dos et nos victuailles (malgré la sympathie que nous portons aux yacks et aux ânes, nos avons privilégié les chameaux et chevaux un peu plus robustes). La première journée de marche fut plutôt courte et facile, de quoi s'habituer à l'altitude et rejoindre rapidement un village kirghize-ouïgour, à deux pas du lac précité. Avons été accueillis par une famille très chaleureuse dans leur modeste maison de pierre (2 pièces, 1 minuscule entrée et rien de plus!) chauffée à l'aide d'un poêle alimenté avec le seul combustible disponible sur place (à savoir un mélange séché de matières fécales de chèvres et moutons, très efficace!). Malgré une nuit déplorable en raison du froid , du bruit (fête locale organisée justement ce soir-là et hôtes pas toujours des plus discrètes), du vent nous couvrant de poussière à la moindre sortie et s'infiltrant par n'importe quelle petite brèche dans la maison, et de quelques troubles digestifs (probablement dus à la nourriture locale), nous avons pris notre courage à deux mains pour grimper au pied du Mont Muztagata, le ''Père des monts enneigés'' culminant à plus de 7 500 mètres. Inutile de préciser que nous en avons pris plein les yeux, nous sommes délectés de vues toutes plus féeriques les unes que les autres (malgré les fréquents passages nuageux) associant dunes de sable gris, champs de marmottes, pâturages de yacks et chevaux, rivières (la plupart asséchées) et bien sûr panoramas circulaires sur une ribambelle de montagnes enneigées. Après une bonne journée de marche, nous avons logé à nouveau chez l'habitant, dans un village microscopique habité par deux familles et leurs compagnons utiles (chameau, chèvres, ânes et chevaux). Comme la veille, avons été très bien accueillis et dormi dans la pièce principale, cette fois-ci chauffée toute la nuit. Malgré nos craintes, nous avons enfin passé une nuit réparatrice, ce qui nous a permis de terminer sans peine notre périple le lendemain.




Lac Karakoul (3 600) épaulé par le Mont Muztagata (>7 500m)



Ascension vers le Mont Muztagata


Pour visualiser toutes les photos du Lac Karakoul et des monts enneigés l'entourant, cliquer sur le lien suivant: http://picasaweb.google.com/laetitia.lienart/LacKarakoulMai2007


De retour à Kashgar le 4 mai, nous en avons profité pour nous décrasser (ce qui ne fut guère un luxe!), nous reposer et préparer notre virée dans le désert, ce qui fut l'occasion de fouiner dans le marché aux puces local et d'acheter quelques gadgets utiles (notamment des visières protégeant le visage du soleil mais surtout de la poussière en cas de tornade de sable, hélas assez fréquentes à cette période de l'année). Partis le 6 mai au matin, nous avons visité successivement les villes de Yengisar, connue pour ses fabriques de couteaux, et Yarkand, ayant joué un rôle important dans l'histoire du Xinjiang, notamment au 16ème siècle. Nous y avons admiré entre autres les tombes de la Reine Amannisahan (associée aux 12 Mukam qui sont ancrées ad vitam eternam dans la mémoire ouïgoure. La Mukam est en fait un phénomène musico-culturel, comprenant non seulement la musique mais aussi la danse. Elle peut être considérée soit comme une épopée d’ethnie minoritaire, soit comme un style musical), celles des rois de la dynastie Saidiya (1514-1682) et le cimetière public (immense et rempli de pierres tombales aux formes peu courantes en Occident ainsi que de veuves désœuvrées priant pour avoir une descendance).


Cimetière public de Yarkand

Nous nous sommes ensuite acheminés vers le Désert de Taklamakan où, après avoir négocié un chameau et quelques fagots de bois, notre aventure sablonneuse a enfin pu commencer. Accompagnés du même guide que nous avions eu lors de notre escapade dans le Pamir ainsi que d'un chamelier et de son ''véhicule'' naturel portant entre autres notre réserve d'eau potable, nous avons parcouru quelques kilomètres de dunes pendant deux jours et demi. Comme prévu, nous avons dormi les 2 nuits sous tente, après de succulents dîners-barbecues et de superbes veillées le long du feu (la dernière étant particulièrement romantique nous incita d'ailleurs à décider de poursuivre notre vie commune, en commençant par un mariage en 2008). Tous ces moments magiques nous ont ainsi permis d'oublier rapidement les désagréments du désert, notamment la chaleur accablante, l'excès de poussière, le manque d'anticipation et le sous-équipement de nos guides ainsi que l'invasion des mouches. Cette fabuleuse expérience s'est terminée par une véritable tempête de sable, ce qui nous a coûté quelques heures de ''désensablement'' et quelques frayeurs sur la route nous ramenant à Kashgar. De retour à Pékin le 9 mai, il nous a fallu quelques jours de ré-acclimatation après cette décade de dépaysement absolu au pays des Xiongnu (éleveurs nomades des steppes).


Pour visualiser toutes les photos de Yarkand et de son Désert, cliquer sur le lien suivant: http://picasaweb.google.com/laetitia.lienart/DSertDeYarkandMai2007

1 commentaire:

Top a dit…

Bonjour Laetitia, Arnaud,

Merci pour vos récits sur notre région. Je vous invite à jeter un oeuil sur ces plusieurs sites intéressants sur les ouïgours et l'asie centrale.

http://www.lamaisondasiecentrale.com/

http://culture-ouigour.over-blog.com/

http://ouigour.over-blog.com/